C'est une question que se posent tous les investisseurs débutants : combien d'ETF faut-il avoir dans son portefeuille ? Un seul suffit-il ? Faut-il en accumuler dix ou quinze pour être bien diversifié ? La réponse va peut-être vous surprendre par sa simplicité.

Dans cet article, nous explorons le nombre idéal d'ETF selon votre profil, avec des exemples concrets de portefeuilles.


Le mythe du « plus c'est mieux »

Beaucoup de débutants pensent qu'il faut accumuler le maximum d'ETF pour être bien diversifié. C'est une erreur courante. Un ETF MSCI World contient déjà 1 500 entreprises de 23 pays. Ajouter un ETF CAC 40 ou un ETF S&P 500 par-dessus n'ajoute pas de diversification : ces entreprises sont déjà incluses dans le MSCI World.

C'est ce qu'on appelle le chevauchement (overlap). Deux ETF qui contiennent les mêmes entreprises ne vous diversifient pas davantage. Ils complexifient votre portefeuille pour rien.

💡 Un portefeuille de 15 ETF n'est pas nécessairement mieux diversifié qu'un portefeuille de 2 ETF. Ce qui compte, c'est la complémentarité des ETF entre eux.

Le nombre idéal : entre 1 et 5 ETF

Pour la grande majorité des investisseurs particuliers, un portefeuille contenant 1 à 5 ETF est largement suffisant. Voici nos recommandations selon le nombre d'ETF.

1 ETF : le portefeuille ultra-simple

100 % MSCI World. C'est le portefeuille le plus simple et déjà très efficace. Vous êtes diversifié sur 1 500 entreprises de 23 pays. Pas besoin de rééquilibrer, pas besoin de se poser de questions. Idéal pour les débutants absolus ou ceux qui veulent investir sans y penser.

2 ETF : le portefeuille mondial complet

  • 80 % MSCI World
  • 20 % MSCI Emerging Markets

En ajoutant un ETF marchés émergents, vous couvrez quasiment toute l'économie mondiale. Les pays développés et émergents sont représentés. C'est le portefeuille « world complet » que beaucoup d'investisseurs utilisent.

3 ETF : le portefeuille personnalisé

  • 50-60 % S&P 500 (États-Unis)
  • 20-30 % STOXX Europe 600 (Europe)
  • 10-20 % MSCI Emerging Markets

Avec 3 ETF, vous pouvez contrôler finement votre exposition géographique. Vous décidez combien mettre aux États-Unis, en Europe et dans les émergents. C'est un excellent compromis entre simplicité et personnalisation.

4-5 ETF : le portefeuille multi-classes

  • 40 % MSCI World (actions monde)
  • 20 % S&P 500 (surpondération US)
  • 15 % MSCI Emerging Markets (émergents)
  • 15 % ETF obligataire (obligations)
  • 10 % ETF or ou matières premières (optionnel)

Ce portefeuille combine actions mondiales, émergents, obligations et éventuellement des matières premières. Il est plus complexe à gérer mais offre une diversification par classes d'actifs, pas seulement géographique.

Les erreurs à éviter

Voici les pièges les plus fréquents quand on construit son portefeuille d'ETF.

  • Accumuler des ETF qui se chevauchent. MSCI World + S&P 500 + Nasdaq 100 = triple exposition aux tech US. Ce n'est pas de la diversification, c'est de la concentration déguisée.
  • Ajouter des ETF sectoriels sans raison. Un ETF santé, un ETF technologie, un ETF énergie... Tous ces secteurs sont déjà dans le MSCI World. Sauf si vous avez une conviction forte, évitez les ETF sectoriels.
  • Changer d'allocation constamment. Choisissez une répartition et tenez-la sur le long terme. Le rééquilibrage une à deux fois par an suffit. Les allers-retours fréquents génèrent des frais et du stress inutiles.
  • Négliger la simplicité. Un portefeuille que vous ne comprenez pas est un portefeuille que vous abandonnerez à la première crise. La simplicité est votre meilleure alliée.

Comment rééquilibrer son portefeuille

Si vous avez plusieurs ETF, votre allocation va naturellement dériver au fil du temps. Par exemple, si les actions montent plus vite que les obligations, votre portefeuille 60/40 peut devenir 70/30.

Le rééquilibrage consiste à ramener votre portefeuille à l'allocation cible. Deux méthodes simples.

  1. Rééquilibrage par les flux. Quand vous investissez votre épargne mensuelle, dirigez-la vers l'ETF sous-pondéré. C'est la méthode la plus simple et la moins coûteuse.
  2. Rééquilibrage par arbitrage. Vendez une partie de l'ETF surpondéré pour acheter celui qui est sous-pondéré. Attention aux frais de transaction et à la fiscalité si vous êtes en compte-titres.

💡 Rééquilibrez une à deux fois par an maximum. Inutile de le faire plus souvent : les frais et la complexité ne valent pas le gain marginal.

Questions fréquentes

Un seul ETF MSCI World est-il vraiment suffisant ?

Pour la majorité des investisseurs, oui. Un ETF MSCI World offre une diversification excellente sur 1 500 entreprises de 23 pays. C'est simple, efficace et peu coûteux. Si Warren Buffett recommande le S&P 500 pour les particuliers, le MSCI World est sa version encore plus diversifiée.

Faut-il ajouter de l'or ou des matières premières ?

L'or et les matières premières sont des classes d'actifs décorrélées des actions, ce qui peut réduire la volatilité globale. Cependant, sur le long terme, les actions ont largement surperformé. L'or peut être utile comme couverture (5-10 % du portefeuille) mais n'est pas indispensable.

Combien de temps garder ses ETF ?

Le plus longtemps possible. L'investissement en ETF est une stratégie de long terme : 10, 15, 20 ans ou plus. Les marchés fluctuent à court terme, mais la tendance est haussière sur le long terme. Résistez à la tentation de vendre en période de baisse.


Conclusion

Le nombre idéal d'ETF pour un portefeuille est entre 1 et 5. Un seul ETF MSCI World est déjà un excellent portefeuille. Ajouter un ETF émergents ou un ETF obligataire peut apporter un complément utile, mais évitez de complexifier inutilement. La règle d'or : chaque ETF ajouté doit apporter une diversification réelle (pas du chevauchement) et vous devez comprendre pourquoi il est là. La simplicité est la clé d'un investissement réussi sur le long terme.